Que vérifier sur une pompe à chaleur avant l'hiver ?
Avant l'hiver, cinq points se vérifient sans outillage : l'unité extérieure dégagée sur 50 cm, la pression du circuit entre 1,5 et 2 bars à froid, les filtres et les émetteurs, les piles et la programmation du thermostat, et les bruits au démarrage. Le reste — étanchéité du circuit frigorifique, pressions de service, codes défaut — exige un professionnel, et la loi impose cette visite tous les deux ans.
Ce qui se vérifie seul, ce qui demande un professionnel
La confusion la plus répandue consiste à croire qu'un contrôle visuel remplace l'entretien réglementaire. Ce sont deux choses différentes, et elles n'ont ni la même fréquence ni le même contenu.
| Point de contrôle | Qui le fait | Fréquence |
|---|---|---|
| Dégagement de l'unité extérieure | Vous | Avant chaque hiver |
| Pression du circuit de chauffage | Vous | Tous les 2 mois en saison |
| Filtres et purge des émetteurs | Vous | Avant chaque hiver |
| Programmation du thermostat | Vous | Avant chaque hiver |
| Écoute des bruits au démarrage | Vous | Avant chaque hiver |
| Étanchéité du circuit frigorifique | Professionnel certifié | Tous les 2 ans (obligation) |
| Pressions haute et basse en service | Professionnel | Tous les 2 ans |
| Relevé des codes défaut mémorisés | Professionnel | Tous les 2 ans |
| Nettoyage de l'évaporateur | Professionnel | Tous les 2 ans |
| Contrôle du dégivrage et des sécurités | Professionnel | Tous les 2 ans |
L'obligation d'entretien porte sur les pompes à chaleur de 4 à 70 kW et s'applique tous les deux ans. Elle ne se confond pas avec l'entretien annuel des chaudières. Le professionnel doit remettre une attestation, et seul un technicien titulaire de l'attestation de capacité peut manipuler le fluide frigorigène.
Si votre machine a plus de cinq ans et n'a jamais vu de technicien, c'est la visite à programmer en priorité. Prendre rendez-vous avec un chauffagiste à Laval en octobre demande quelques jours ; en décembre, quand tout le département appelle en même temps, c'est une autre affaire. Le reste de cet article porte sur ce que vous pouvez faire d'ici là.
Les cinq contrôles à faire vous-même
Aucun ne demande d'outillage ni d'habilitation. Comptez une demi-heure pour l'ensemble.
L'unité extérieure
Dégagez-la. Feuilles mortes contre la grille, végétation qui a poussé l'été, carton posé dessus au printemps et jamais retiré : tout ce qui gêne la circulation d'air fait chuter le rendement et provoque des cycles de dégivrage inutiles. Comptez 50 cm d'air libre devant l'échangeur, et vérifiez que l'eau s'évacue librement en dessous.
La pression du circuit
Le manomètre doit afficher entre 1,5 et 2 bars à froid. En dessous de 1 bar, le circuit a perdu de l'eau quelque part. Remettre en pression sans chercher où ne fait que repousser le problème : si la pression rechute dans le mois, il y a une fuite.
Les filtres et les émetteurs
Dépoussiérez les filtres si votre installation est en air, purgez les radiateurs s'ils sont en eau. Un radiateur chaud en bas et froid en haut, c'est de l'air piégé — une purge de deux minutes récupère plusieurs degrés dans la pièce.
Le thermostat
Vérifiez les piles et reprogrammez les plages horaires. La moitié des « pannes » signalées en novembre sont des programmations d'été jamais modifiées, ou un mode resté sur « été » après une coupure de courant.
Les bruits
Lancez le chauffage dix minutes et écoutez. Un ronronnement régulier est normal. Un cliquetis métallique, un sifflement, ou un compresseur qui démarre et s'arrête toutes les deux minutes ne le sont pas.
Pourquoi la partie professionnelle ne s'improvise pas
Le relevé des codes défaut est le point le plus sous-estimé de la visite. La carte électronique garde la trace des incidents de l'hiver précédent, y compris ceux qui n'ont déclenché aucune alarme visible. C'est souvent là qu'on voit arriver une panne six mois avant qu'elle n'immobilise la machine.
Le contrôle d'étanchéité, lui, n'est pas qu'une formalité environnementale : une charge de fluide qui baisse fait chuter la performance bien avant de provoquer un arrêt. Une PAC qui consomme 15 % de plus sans raison apparente est très souvent une PAC qui fuit lentement.
Les trois signaux qui n'attendent pas la visite
L'unité extérieure reste prise dans la glace plus de deux heures malgré les cycles de dégivrage : le dégivrage ne fonctionne plus, et insister abîme le compresseur.
Le disjoncteur dédié à la PAC saute de façon répétée. Le réenclencher trois fois de suite n'est pas une solution, c'est un risque.
Le compresseur fait un bruit nouveau, sourd et grave, surtout s'il s'accompagne d'une baisse de chauffe. C'est le symptôme le plus coûteux de la liste : un compresseur remplacé représente souvent la moitié du prix d'une pompe à chaleur à Laval.
Le bon calendrier
Visite d'entretien en octobre, contrôle maison en novembre, et rien à faire jusqu'au printemps. Si le diagnostic conclut que la machine est en fin de vie, c'est au printemps qu'il faudra décider : voir à ce sujet quand installer une pompe à chaleur.
Une PAC entretenue consomme entre 10 et 15 % de moins qu'une machine laissée en l'état. Et surtout, elle passe l'hiver — c'est le seul argument qui compte quand il gèle.